Les lycéens manquent d’accompagnement pour leur orientation. Marie-Caroline Missir, déléguée générale du think tank VersLeHaut, alerte sur les lacunes du système avant la clôture de Parcoursup 2026.

Alors que la plateforme Parcoursup ferme ses portes le 1er avril 2026, une question revient avec force : les lycéens sont-ils vraiment aidés dans leur orientation ? Marie-Caroline Missir, pointe un manque criant d’accompagnement. Ses propos, tenus lors de l’émission Paris d’école le 28 mars, interpellent élèves et familles.

Un constat alarmant sur l’orientation au lycée

Pour Marie-Caroline Missir, le problème est clair. Les établissements ne consacrent pas assez de temps à guider les élèves vers l’enseignement supérieur. Elle déplore que les réunions d’orientation soient « trop centrées sur les choix de spécialité » et pas assez sur l’avenir post-bac.

L’ancienne directrice du journal l’Étudiant regrette ce manque de projection. Selon elle, inciter les jeunes à réfléchir à leur futur demande du temps aux enseignants. Or, ce temps fait défaut dans la plupart des lycées.

Les fameuses 56 heures prévues pour l’orientation au lycée seraient ainsi « passées à la trappe », d’après la spécialiste. Ce constat interroge sur la place réelle accordée à ce travail crucial dans les emplois du temps.

« On n’a pas d’espace pour vraiment parler d’orientation. »

Des lycéens qui se connaissent encore peu

Marie-Caroline Missir insiste sur un point souvent négligé. À 17 ou 18 ans, les jeunes ne savent pas encore ce pour quoi ils sont faits. Cette méconnaissance de soi complique les choix d’avenir.

Par conséquent, le travail d’orientation devient d’autant plus nécessaire. Sans accompagnement adapté, les lycéens risquent de s’engager dans des filières qui ne leur correspondent pas. Cette situation génère stress et incertitude à un moment clé de leur parcours.

  • Les réunions d’orientation restent trop centrées sur les spécialités
  • Les 56 heures dédiées à l’orientation ne sont pas toujours respectées
  • Les élèves de 17-18 ans se connaissent encore peu
  • Près d’un étudiant sur deux n’a pas choisi la bonne filière
  • Un meilleur accompagnement pourrait prévenir l’échec en licence

Près d’un étudiant sur deux mal orienté

Les chiffres avancés par la déléguée générale de Vers le Haut sont préoccupants. D’après elle, près d’un étudiant sur deux considère ne pas avoir vraiment choisi la filière qui lui convenait. Ce constat met en lumière les lacunes du système actuel.

Ainsi, de nombreux jeunes arrivent dans l’enseignement supérieur sans réelle conviction. Cette situation entraîne souvent des réorientations ou des abandons en cours de cursus. Le coût humain et financier de ces erreurs d’aiguillage pèse sur les familles comme sur les établissements.

L’ancienne journaliste souligne aussi l’importance du bagage académique. Certains élèves s’orientent vers des filières pour lesquelles ils n’ont pas les prérequis nécessaires. Cela augmente considérablement le risque d’échec dès la première année.

L’exemple des études de médecine

Marie-Caroline Missir prend un exemple concret pour illustrer son propos. Elle évoque le cas d’un élève issu d’un bac pro carrosserie qui souhaiterait faire médecine. Dans cette configuration, réussir la première année devient très compliqué.

Cet exemple montre bien le décalage possible entre les aspirations et les réalités académiques. Sans un accompagnement personnalisé, les lycéens peuvent nourrir des ambitions difficiles à concrétiser. Dès lors, un travail en amont s’avère indispensable pour éviter ces situations.

Vers des mesures plus strictes pour mieux orienter

Face à ce constat, la diplômée de Sciences Po plaide pour davantage de « mesures coercitives ». Son objectif est clair : éviter que les élèves ne s’engagent dans des voies inadaptées à leur profil. Cette proposition vise à prévenir l’échec en licence.

De plus, ces mesures permettraient de mieux guider les lycéens vers des formations correspondant à leurs compétences. Un tel cadrage pourrait réduire le taux d’abandon dans l’enseignement supérieur. Cela suppose néanmoins de renforcer les moyens dédiés à l’orientation dans les établissements.

En revanche, cette approche soulève des questions sur la liberté de choix des jeunes. Trouver le bon équilibre entre accompagnement et contrainte reste un défi majeur. Les lycéens méritent d’être guidés sans être enfermés dans des cases trop rigides.

Désormais, la réflexion sur l’orientation au lycée semble plus urgente que jamais. Alors que Parcoursup clôture ses inscriptions, de nombreuses familles attendent des réponses concrètes. L’enjeu dépasse largement la simple question des vœux : il s’agit de préparer les jeunes à construire leur avenir avec lucidité.

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