À l’occasion du colloque « Éducation : faisons le pari de la proximité », le ministre de l’Éducation nationale a réaffirmé l’attachement de l’État à un service public présent partout, tout en appelant à une territorialisation accrue des politiques éducatives. Dans un contexte de choc démographique, il plaide pour une école pensée comme levier d’aménagement du territoire, articulée étroitement avec les acteurs locaux.

Madame la Déléguée générale, Mesdames et Messieurs les sénateurs, Mesdames et Messieurs, je suis très heureux de clôturer ce colloque, même si j’aurais préféré le faire évidemment parmi vous, mais néanmoins je voulais partager quelques éléments à travers cette vidéo qui vous est destinée. Notre école s’est construite autour d’un contrat social d’accessibilité territoriale. C’est ce qui fait que nous
avons aujourd’hui, comme vous le savez, autant de écoles publiques en France qu’en Grande-Bretagne, en Allemagne et en Italie réunies.

Cela remonte en fait très très loin. Ça remonte à Guizot en 1832, puis ça a été prolongé ensuite par la République. Ce contrat social, pour moi, il est éternel. Il a vocation par conséquent à être constamment réactualisé, mais sur la même base. l’Éducation nationale est partout, sur tout le territoire et il n’y a pas,
contrairement à ce que disent certains, un quelconque recul de l’État.

l’État n’a jamais autant investi dans l’Éducation national. Il n’y a jamais eu autant de personnels d’Éducation nationale et c’est le maillage territorial le plus fin en termes de service public. En revanche, je parlais de réactualisation permanente de ce contrat les perspectives démographiques à dix ans et même à 20 ans, qui nous conduisent à perdre 20 % d’élèves, doivent évidemment interroger la façon dont nous conjuguons désormais ce contrat social.

Et de ce point de vue là, si tout le monde connaît les perspectives démographiques, je crois que vous en avez encore parlé aujourd’hui. Nous devons aussi, collectivement avoir en tête que l’école est un élément d’aménagement du territoire. Et je souhaite donc que nous ayons une politique d’aménagement du territoire par l’école. Autrement dit, une politique territoriale de l’école. Qu’est ce que ça veut dire ?

D’abord, ça veut dire que dans le premier degré, et même maintenant d’ailleurs, au collège, en réalité, dans certains endroits, il faut simplement que nous définissions une carte qui à la fois remplisse ce contrat social d’accessibilité et permette effectivement de tenir aussi l’autre dimension du contrat, c’est à dire la qualité de l’offre scolaire. Et c’est pour ça que nous allons inverser cette année à titre expérimental et les prochaines de manière universelle, la logique de construction du projet loi de finances en partant de la carte telle qu’elle est conçue dans les territoires pour en déduire les besoins du système éducatif.

Le deuxième élément, c’est qu’il faut bien sûr continuer à vitaliser ou revitaliser des éléments qui finalement permettent au niveau territorial de faire réseau. Je pense bien sûr aux réseaux d’éducation prioritaires. Vous savez que la révision de la carte est d’actualité pour bon terme technique, même si politiquement, elle ne pourra être faite qu’après 2027.

Je pense aussi aux cités éducatives, je pense évidemment aux territoires éducatifs ruraux. Il faut que nous épousions les réalités territoriales si nous voulons maintenir une école qui soit à la fois proche des personnes et conforme à un standard qui ne peut être que nationale. Et puis le dernier élément, bien sûr, c’est la dimension partenariale. On ne peut pas faire l’école tout seul, nous, le ministère de l’Éducation nationale.

Les collectivités territoriales notamment, les communes, les départements, les régions, les EPCI sont au cœur de notre relation. Je ne suis pas sûr que cette relation ait toujours été, j’allais dire aussi nourrie et aussi féconde que ce qu’elle aurait pu être. Mais moi, je place la fécondité de cette relation au cœur de ma vision politique et de la politique territoriale de l’école.

Les observateurs des dynamiques rurales et territoriales sont désormais sur le territoire. Ils ont vocation à être le réceptacle non seulement des constats, bien sûr, et des échanges sur la démographie, mais aussi sur l’offre scolaire pour en réalité, construire l’école de demain. Voilà ce que je voulais, un peu longuement peut être, partager avec vous, parce que je crois profondément en cela.

Je crois dans notre école. Je crois dans le fait que l’Éducation nationale soit nationale, parce que oui, nous devons garantir à chaque élève, sur tout le territoire le même niveau de formation et le même niveau de qualité du service public. Mais je crois aussi qu’il n’y a pas d’éducation nationale, sans approche territoriale sans éducation territorialisée.

Et l’éducation nationale par les territoires, c’est finalement ce que je porte, c’est ce que je pense en termes d’aménagement du territoire, c’est ce que je porte en termes de relation avec les collectivités locales, c’est ce que je porte en termes de projet pédagogique, parce que certes, nous devons définir et faire vivre le contrat social au niveau de tout le territoire de la République, mais nous devons le conjuguer pas à pas, jour après jour, avec ceux qui font l’école au quotidien, c’est à dire les collectivités territoriales et les acteurs locaux de l’Éducation nationale. Je vous remercie.

Message porté par Édouard Geffray, Ministre de l’Éducation nationale