Article publié le 18 février 2026

Une étude met en lumière les difficultés rencontrées par les jeunes Français face aux choix d’orientation, soulignant un besoin crucial d’amélioration de l’accompagnement et de l’information

Les difficultés liées à l’orientation scolaire et professionnelle restent fortes en France, selon une étude publiée mercredi par une sociologue en partenariat avec des acteurs du monde de l’éducation. 47 % des 18-24 ans estiment notamment ne pas avoir eu accès aux bonnes informations. L’orientation est « un point de passage obligé » qui « préoccupe » les jeunes, souligne la sociologue Anne Muxel, directrice de recherches émérite au Cevipof, qui a piloté les travaux.

« En France, le diplôme et le niveau de formation conditionnent beaucoup plus que dans les autres pays l’insertion sociale et la place qu’on va occuper dans l’univers professionnel », explique l’auteure de cette étude réalisée en partenariat avec le groupe de réflexion dédié à l’éducation VersLeHaut, la plateforme d’orientation Edumapper et l’institut de sondages OpinionWay. L’enquête a été réalisée en 2025 auprès d’un échantillon représentatif de 1 064 jeunes âgés de 18 à 24 ans, hors lycéens et complétée par des enquêtes qualitatives auprès d’étudiants et de jeunes actifs.

Manque de préparation

Une large part des jeunes exprime un malaise : 72 % jugent que les décisions à prendre interviennent trop tôt, 61 % estiment qu’il n’existe pas de véritable droit à l’erreur, et seuls 38 % déclarent avoir été correctement préparés. Plus d’un quart (28 %) dit avoir subi une orientation imposée au collège ou au lycée. Cette perception s’accompagne d’une confiance limitée envers l’institution scolaire. Si 70 % affirment lui faire confiance, seuls 12 % déclarent lui faire « tout à fait » confiance, tandis que 30 % n’y accordent aucune confiance.

La défiance est plus marquée chez les jeunes inactifs et chez ceux n’ayant pas poursuivi d’études après le bac, avec un taux de confiance tombant respectivement à 51 % et 50 %. L’accompagnement est également critiqué : 44 % estiment que leurs enseignants n’ont pas pris en compte leurs souhaits d’orientation et 56 % se disent peu aidés par les conseillers d’orientation. Les jeunes femmes apparaissent plus exposées : 79 % d’entre elles déclarent avoir peur de l’avenir (contre 68 % des jeunes hommes), 29 % ont interrompu des études supérieures (contre 18 %) et 47 % redoutent de ne pas réussir dans la formation choisie.

Seules 30 % estiment avoir été bien préparées à leur orientation professionnelle, contre 46 % des garçons. L’étude identifie plusieurs leviers pour améliorer la situation, centrés sur la confiance, l’information et l’accompagnement. Anne Muxel appelle à renforcer les liens entre école et monde professionnel, à clarifier les informations sur les formations et débouchés, et à développer un suivi plus personnalisé pour réduire la peur de l’erreur et la pression pesant sur les choix scolaires.

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