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L'écart filles-garçons se réduit en maths, une bonne nouvelle ? + 4 autres infos qu'il ne fallait pas rater #Education #Jeunesse

Au sommaire du n°21

· lettre de veille,PISA,Ecole

Enquête PISA 2015 : Statu quo inquiétant
pour la France

L’OCDE a publié, le 6 décembre, les résultats de la désormais fameuse enquête PISA 2015 (Programme International pour le Suivi des Acquis). Cette enquête a été menée sur 540 000 jeunes de 15 ans, dans 72 pays, dont 6 000 jeunes en France. En sciences, notre pays figure en 27e place (25e place en 2012) de ce classement, Singapour, le Japon et l'Estonie se situant sur le podium.

Quelques enseignements :

 

  • En sciences, la France se situe dans la moyenne de l’OCDE avec 495 points (comme en 2012). 8% des élèves français sont très performants, plus de 21% sont performants (+2 points par rapport à la moyenne de l’OCDE). Mais le système éducatif français reste l’un des plus inégalitaires. 22% d’élèves sont en difficulté (+1 point par rapport à la moyenne de l’OCDE), dont près de 40% des jeunes issus de milieux défavorisés, particulièrement lorsqu’ils sont issus de l’immigration.
  • Si les jeunes de milieux aisés ont obtenu 558 points, les jeunes de milieux modestes n’en ont obtenu que 441 (soit – 118 points). Il s’agit là de l’un des écarts les plus forts de l’enquête. Seulement 8% des élèves en difficulté se projettent dans une carrière scientifique (13% en moyenne pour l’OCDE) contre 48% des très bons élèves (42% en moyenne pour l’OCDE). A cela s’ajoute la disparité entre garçons et filles, ces dernières étant moins tentées par les sciences et se projetant moins dans des carrières scientifiques (18,7% contre 23 ,6%).
  • En mathématiques, une forte baisse du niveau avait eu lieu entre 2003 et 2012. Le niveau est resté stable depuis, en concordance avec moyenne de l’OCDE (avec 493 points). On constate malgré tout une légère hausse du nombre d'élèves en difficulté (+2 points par rapport à 2012). Il faut noter que l'écart filles/garçons se réduit... à cause d'une baisse des résultats des garçons.
  • La compréhension de l’écrit progresse légèrement (+3 points depuis 2009 en France et +6 points par rapport à la moyenne de l’OCDE). Toutefois, la proportion d’élèves en difficultés en la matière reste stable. L'écart reste fort entre les filles et les garçons, les premières ayant en moyenne 29 points de plus que les seconds.

A noter : longtemps présentée comme un "modèle", la Finlande connaît une baisse importante dans les trois matières (sciences, compréhension de l'écrit et mathématiques), même si elle reste mieux classée que la France.
Si cette enquête mesure les résultats des enfants entrés en primaire en 2005 et au collège en 2010, on ne pourra percevoir l'impact des réformes récentes que beaucoup plus tard.
 
PISA 2015

Insertion professionnelle des jeunes : que d'inégalités !

Dans le volet « Insertion » de son « Portrait social de la France », publié le 22 novembre, l’INSEE mesure les inégalités à l’entrée sur le marché du travail rencontrées par les jeunes entre 2013 et 2015.

- Diplôme : 82% des jeunes diplômés du supérieur sont en emploi (contre 31% des non-diplômés), et surtout en emploi stable : 6% d’entre eux seulement ont un emploi temporaire (contre 58% pour les non-diplômés).

- Spécialité de formation : Entre 2011 et 2015, une moyenne de 22% des titulaires de CAP-BEP sont au chômage, les chiffres variant selon les spécialités. A l’inverse, les titulaires de diplômes du supérieur en sciences, informatique, finance, assurance, ingénierie ou santé sont quasiment assurés de trouver un emploi.

- Sexe : Bien qu’en moyenne plus diplômées que les hommes et sensiblement moins souvent au chômage (19% contre 22%), 15% des femmes sont en situation de sous-emploi (contre 8% d’hommes). 24% des femmes sont à temps partiel (contre 11% des hommes). Globalement, elles restent plus mal payées que les hommes (-9% en moyenne, -14% lorsqu’elles sont issues du supérieur long).

- Origines géographiques et sociales : Etre issu d’une zone urbaine sensible réduit de 12 points la probabilité d’avoir un emploi, être immigré de 10 points, être descendant d'immigré de 6 points.

En France, l'instruction est pourtant obligatoire...

Le Rapport annuel du Défenseur des Droits vient d’être publié. Théoriquement, en France, l’instruction est obligatoire entre 6 et 16 ans et l’inscription d’un enfant en maternelle ne peut être refusée dès lors que les parents en font la demande. Mais nombre d’enfants vivant dans des squats, des campements, des bidonvilles, mal logés, itinérants, allophones, handicapés, mineurs migrants non accompagnés se heurtent à l’impossibilité d’être scolarisés.

La scolarisation devant être une préoccupation centrale des pouvoirs publics, le rapport émet 30 recommandations, parmi lesquelles :

- Rappeler aux maires à leur obligation de scolariser en primaire les enfants installés sur leur territoire,

- Réduire les délais d’affectation des jeunes allophones dans les établissements scolaires,

- Faciliter la scolarisation des mineurs non accompagnés,

- Systématiser la formation des professionnels de l’enseignement sur les stéréotypes et les discriminations,

- Faciliter l’accès aux transports scolaires.

 

Des pistes pour renforcer le travail d'équipe dans les établissements scolaires

Le ministère de l’Éducation nationale vient de rendre public un rapport du mois d’août publié par l’Inspection générale de l’Éducation nationale. Il préconise un certain nombre de pistes pour renforcer la concertation et l'animation "managériale" dans les établissements publics et privés sous contrat.

Il s’agit de renforcer les possibilités de travail en équipe, de permettre à l’équipe éducative d’élaborer son propre projet et ses stratégies au-delà d’un concept intellectuel de projet d’établissement. Ce qui ne va pas à l’encontre de l’identité et de la liberté pédagogique individuelle des enseignants, mais doit plutôt en être la suite logique.

Le rapport préconise également de limiter le nombre d’instances de concertation définies au sein des établissements afin d’optimiser leur efficacité et de les adapter aux besoins des équipes. Ce travail pouvant être prolongé par une concertation informelle si elle relève de la volonté des acteurs. S'agissant de la composition des équipes de direction, les inspecteurs généraux invitent le public à s'inspirer de ce qui est fait dans l'enseignement privé, quitte à le tester sur la base du volontariat.

Enfin, il est nécessaire d'offrir aux chefs d’établissement une réelle formation de management menant à un pilotage collaboratif.

Ces préconisations entrent en résonance avec les propositions de Vers Le Haut visant à faire des établissements les clés de voûte du système scolaire.

1 collégien sur 50 pourrait être sensible au discours de Daech

A la suite des attentats du 13 novembre 2015, 2 études ont été conduites pour identifier les collégiens et lycéens types susceptibles d’être touchés par la propagande de Daech.

La première étude, dont les résultats ont été rendus publics fin novembre, a été menée sur 12 000 collégiens des Bouches-du-Rhône et portait sur leur réceptivité au discours de Daech.

Il en découle que, pour qu’il y ait « préradicalisation », il faut qu’il y ait un recoupement, sur les plans social et religieux, entre le rejet de la France et de ses valeurs et l’acceptation de la violence comme moyen d’action.

- 4,8% des jeunes interrogés estiment que la violence peut être un moyen d’action légitime.
- 2,9% se définissent par une autre appartenance que française.
=> A la croisée des deux critères, on trouve 0,3% des jeunes sondés. Soit, par extrapolation, 10 000 collégiens du département et 3,3 millions collégiens en France.

- 1,7% des jeunes qui rejettent en partie mais pas totalement l’identification à la France, et ceux qui acceptent la violence, mais moins nettement, peuvent également être considérés comme réceptifs au discours de Daech.
=> Si l’on cumule les deux pourcentages, 2% des collégiens pourraient être concernés.

« Ce sont ces adolescents-là avec lesquels il faudrait travailler spécifiquement sur des modules de distanciation et de développement de l’esprit critique ».

La seconde étude, consacrée aux « jeunes et à la radicalité religieuse et politique », a été menée sur 7 000 lycéens de seconde en France. La radicalisation est-elle d’abord de nature religieuse ou plutôt sociologique, identitaire… ? Les résultats seront publiés début 2017.
 
Article de La Croix

 

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