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Il a fait couler beaucoup d'encre : le rapport qui évalue l'école en bref + 4 autres infos qu'il ne fallait pas rater

Au sommaire du n°18

· lettre de veille,CNESCO,Cour des Comptes

Il a fait couler beaucoup d'encre... Le rapport du CNESCO en bref

Le Conseil national d’Évaluation du Système scolaire a rendu public en septembre les résultats des travaux de 22 équipes de chercheurs français et étrangers portant sur 30 ans de réformes scolaires en France. L’école française est aujourd’hui la plus inégalitaire des pays de l’OCDE.
 

Quelles en sont les raisons ?

- Une faible exploitation des recherches et des expérimentations territoriales dans l’élaboration des réformes ;
- Des dispositifs peu évalués ;
- Un manque de formation continue des acteurs de terrain ;
- Une « éducation prioritaire », mise en place en 1982, qui génère une discrimination négative envers les élèves socialement défavorisés (temps d’enseignement moins longs, enseignants moins expérimentés, financements insuffisants, climat scolaire défavorable…) ;
- Une mixité sociale insuffisante dans les écoles ;
- Un manque de solutions alternatives efficaces au redoublement…

 

Principales recommandations du CNESCO :

 

- Relancer une école maternelle adaptée aux enfants de moins de 3 ans ;
- Arrêter les réformes incessantes et miser sur l’expertise des acteurs de terrain en leur donnant les moyens d’une action pédagogique efficace et en développant la formation continue ;
- Rénover l’enseignement professionnel pour développer l’employabilité des jeunes diplômés ;
- Développer l’évaluation quantitative et qualitative des politiques académiques locales et de l’atteinte des objectifs ;
- Favoriser les ressources des personnels d’encadrement ;
- Communiquer davantage avec les familles issues de l’immigration ;
- Renforcer les bases de données des évaluations nationales en permettant aux équipes de comparer les résultats scolaires de leurs élèves aux objectifs nationaux ;
- Intégrer dans les classes des professeurs d’apprentissages fondamentaux pour les élèves en difficulté ;
- Mettre en place une politique de mixité sociale volontariste dans les 100 collèges où la ségrégation est la plus forte pour adapter l’éducation prioritaire.

Les jeunes Roms "invisibles" à l'école

53% des jeunes Roms de 12 à 18 ans vivant dans 34 bidonvilles et squats en France ne seraient pas scolarisés (56% des filles et 50% des garçons), voire 67% si l’on intègre les élèves non assidus.
C’est le résultat d’une enquête du Collectif pour le droit des Enfants Roms à l’Éducation, réalisée auprès de 161 jeunes dans 6 régions françaises.
Ces chiffres complètent ceux d’une étude de 2013 de la Dihal (Délégation interministérielle à l’hébergement et à l’accès au logement) selon lesquels à peine 1/3 des 2 000 enfants vivant dans des bidonvilles seraient scolarisés.

Les causes principales :
- Les expulsions des familles, parfois pluriannuelles, qui entretiennent l’errance ;
- Le refus de certains maires de reconnaître la domiciliation dans un campement, ce qui ne permet pas aux parents d’inscrire leurs enfants à l’école ;
- Les conditions de vie précaires qui ne permettent pas aux enfants d’être en état de se présenter à l’école ;
- L’influence des réseaux qui entraînent certains jeunes déscolarisés dans la délinquance ;
- Un manque de volonté politique et des services sociaux peu concernés.

Contrairement à une idée reçue, ces familles ne s’opposent pas à la scolarisation de leurs enfants. Leur apporter une meilleure éducation fait d’ailleurs plutôt partie du projet migratoire des parents. Toutefois, les fréquents mariages précoces poussent les jeunes à abandonner le collège entre 15 et 17 ans pour subvenir aux besoins de leur famille. Seulement 4% des 16-18 ans fréquentent encore un établissement scolaire.

Parmi les préconisations :
- Raccourcir le délai entre les tests de niveau et l’affectation dans un établissement ;
- Rompre avec des politiques publiques d’expulsions sans solutions alternatives ;
- Permettre aux élèves non-francophones de passer deux années dans une classe pour primo-arrivants ;
- Imaginer des parcours pour ceux qui n’ont jamais été scolarisés auparavant ;
- Proposer une aide matérielle à la scolarité ;
- Mieux accompagner les familles.

Mixité sociale à l'école : le débat continue...

La Direction de l’Évaluation, de la Prospective et de la Performance du ministère de l'Education nationale a mis en place un nouvel outil statistique - un « indice d’entropie » - permettant de comparer, entre 2003 et 2015, les taux de ségrégation sociale entre académies et établissements. Quatre catégories sociales sont distinguées, basées sur le niveau socioprofessionnel des parents : très favorisée, favorisée, moyenne et défavorisée.

Parmi les principaux enseignements, on observe des disparités entre public et privé :

 

  • Dans le public, un collège sur deux accueille plus de 43,2% d’élèves issus de milieu défavorisés, contre un sur dix dans le privé ;
  • Les collèges privés présentent une plus grande hétérogénéité (entre eux) que les collèges publics; certains établissements privés accueillant surtout des catégories socioprofessionnelles favorisées, d'autres étant spécialisés dans la remédiation pour des élèves en difficulté ;
  • Entre 2003 et 2015, les écarts se sont accentués entre public et privé. En 2015, il y  avait 40% d’élèves issus d’un milieu défavorisé dans le public et 20% dans le privé (contre 25% en 2003). A l’inverse, il y avait en 2015 20% d’élèves très favorisés dans le public et 37% dans le privé (contre 30% en 2003).
  • On note de fortes disparités territoriales. La ségrégation est plus forte en milieu urbain, mais il est difficile de mesurer l’impact des pratiques résidentielles et des modifications de la carte scolaire.

L'Enseignement catholique a fait savoir qu'il n’avait été ni associé ni destinataire de cette enquête. Il indique avoir redéployé plus de 800 postes au service de la mixité sociale et scolaire et créé 207 postes supplémentaires à la rentrée sur des projets d’inclusion, de remédiation, de lutte contre le décrochage, de dispositifs pour les primo-arrivants et des lycées du soir pour jeunes adultes.

Pour rappel : le rapport de VERS LE HAUT "Ecole : de l'entre-soi à l'entre-nous", des initiatives pour développer la mixité scolaire

 

Des dispositifs d'aide à l'emploi inefficaces

La Cour des Comptes vient de rendre public un rapport dénonçant l’absence d’efficacité des dispositifs d’aide à l’emploi pour les moins de 25 ans. 10,5 milliards d’euros leurs sont pourtant consacrés. Quatre jeunes salariés sur cinq bénéficient d’une aide publique tous les mois.
La précarité et les difficultés d’accès à un contrat stable se sont accentuées avec la crise de 2008. Trop peu de jeunes bénéficient des dispositifs mis en place.

Deux préconisations majeures de la Cour des Comptes :
- Concentrer davantage les aides publiques sur les jeunes les plus éloignés de l’emploi ;
- Privilégier les dispositifs rapides et intensifs (garantie jeunes, dispositifs de deuxième chance…).

Des recommandations :
- Réduire le nombre des dispositifs qui entrent trop en concurrence, et les simplifier. Accroître leur lisibilité, favoriser les plus efficaces, aménager des passerelles entre eux ;
- Réduire la durée des contrats aidés, en particulier des emplois d’avenir ;
- Faciliter leur transition vers des formations pré-qualifiantes et qualifiantes ;
- Redéployer les crédits des contrats aidés du secteur non marchand vers les dispositifs les plus intensifs (taux d’accès à l’emploi supérieurs à 50% contre 30 à 40% pour les autres dispositifs) et les formations en alternance ;
- Mettre en place un contrôle de l’assiduité pour tout dispositif comportant le versement d’une allocation ;
- Mettre en place une instance partenariale unique, au niveau du bassin d’emploi qui statuerait sur l’admission et le suivi des jeunes dans l’ensemble des dispositifs ;
- Leur suivi étant insuffisant, affecter les jeunes dans les dispositifs et allouer les moyens en fonction d’une grille de critères commune à l’ensemble des opérateurs. Mais aussi assurer la traçabilité de leur parcours et la mesure des résultats ;
- Permettre aux opérateurs d’utiliser plus librement leurs moyens pour adapter l’accompagnement contre une rémunération à la performance ;
- Améliorer l’efficacité des missions locales (professionnalisation, mutualisation et mise en place d’un contrat pluriannuel d’objectifs et de moyens…)

Bientôt 20 centres et 3 000 places en EPIDE !

Avec l’ouverture de deux nouveaux centres au premier trimestre 2017 (à Toulouse et à Nîmes), l’Établissement pour l’Insertion dans l’Emploi (anciennement Établissement public d’Insertion de la Défense) comptera 20 centres en France. Un total de 2 955 places sera ainsi offert aux jeunes désocialisés pour qu’ils retrouvent un projet professionnel sous statut civil.

Depuis 10 ans, les EPIDE ont formé près de 30 000 jeunes parmi les plus éloignés de l’emploi, dont le niveau de formation était faible et cumulant des difficultés sociales et sanitaires (33% d’entre eux proviennent des quartiers prioritaires ; à l’issue, 50% ont été insérés en emploi ou dans une formation qualifiante).

Le parcours dure 8 mois et repose sur quatre piliers :

 

- insertion professionnelle ;

- formation générale ;

- accompagnement sanitaire et social ;

- éducation à la citoyenneté.

 

Ce programme de 80,6 millions d’euros en 2015 est financé à 56% par le ministère du Travail, à 23,6% par le ministère de la Ville et à 9% par le Fonds social européen.

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