Définir une vision partagée du futur de l’École avec celles et ceux qui la vivent au quotidien, c’est ce que propose le mouvement citoyen L’École Change Demain (ECD). Cette association, née en 2024, place les « experts par expérience » au cœur du changement.

Repères

¤ L’école primaire fait partie des priorités de 46% des électeurs, mais la sécurité reste le défi numéro 1 pour 76% des Français (Sondage IFOP, 2025).
¤ 73% des mineurs estiment ne pas être suffisamment ou correctement associés aux décisions qui les concernent (UNICEF, 2024).
¤ 60% des jeunes engagés dans un projet local ont confiance dans le système éducatifs contre 37% pour ceux qui ne le sont pas (Baromètre VersLeHaut/OpinionWay, 2026).

Un Tour de France pour redonner la parole au terrain

Depuis deux ans, le mouvement citoyen l’École Change Demain (ECD) organise un tour de France pour recueillir la parole des acteurs sur le terrain. Les ambassadeurs de l’association organisent des ateliers citoyens pour mettre autour de la table enfants, parents, enseignants, etc. Chaque atelier a sa thématique – inclusion, écologie, parentalité… L’idée étant de leur faire imaginer l’école de leur rêve, celle qu’ils veulent en… 2044 par exemple ! Mais aussi d’identifier des initiatives qui fonctionnent dans le territoire. Ces ateliers sont proposés avec des enseignants, des associations ou des communes, dans des classes ou lors d’évènements publics dans le but de récolter la parole.

Les récits ont fait apparaitre une unité dans la vision de l’école de demain.

Plutôt que d’imposer des solutions toutes faites, l’ECD cultive alors un élan collectif pour l’école en partant de l’expérience et des besoins des enfants, des parents et des enseignants. Ces derniers sont alors mis en action pour mettre fin à ce sentiment « d’immobilisme ».

Ce tour de France a permis de récolter 250 récits, 128 idées fortes, 4000 verbatims, 22 thèmes. L’analyse de ces contributions a permis d’identifier 3 piliers socles de l’école de demain :

  • Pilier 1 : une école où chacun apprend dans la joie où le bien être émotionnel est reconnu comme le moteur indispensable de l’apprentissage.
  • Pilier 2 : une École ouverte sur le monde qui doit se connecter aux acteurs de son territoire (artisans, commerçants, élus).
  • Pilier 3 : une École où le projet se décide et se vit ensemble.

Les Maires comme alliés de l’École

Afin de porter la voix de tous ceux qui ont imaginé l’école de demain, le mouvement a formalisé des propositions pour engager les communes à devenir actrices d’une « école plus juste et plus heureuse pour tous ». Le cœur de leur plaidoyer part d’un constat clair : en éducation, le pouvoir d’agir est intrinsèquement lié au collectif qui doit être coordonné pour être plus efficace.

Pour l’ECD, le maire peut être une figure centrale pour accompagner cette transformation de l’École. Cette désignation repose sur cinq critères :

  1. Le terrain : sa proximité avec le territoire est un véritable atout pour répondre aux besoins immédiats des familles et de l’école.
  2. La communauté : l’ECD reconnait aussi un fort lien de confiance avec la communauté à travers une connaissance des acteurs locaux (artisans, associations).
  3. Le budget : sur un volet plus administratif, le maire est celui dont le budget peut lui permettre d’engager des moyens financiers pour accompagner l’école vers son idéal.
  4. La redevabilité : un autre aspect intéressant relevé par le mouvement est que le maire a un intérêt direct à ce que l’école fonctionne sous peine d’être sanctionné électoralement par la suite.
  5. Le rayonnement : le maire apparait aussi comme une figure ayant un rayonnement national ce qui permettrait de faire remonter les succès locaux dans les plus hautes sphères nationales.

Ainsi l’ECD propose de redéfinir la mission de l’élu autour de trois postures complémentaires :

  • Un maire leader qui porte une vision où l’éducation irrigue tous les services (culture, sport, urbanisme) permettant de faire de l’éducation un levier d’attractivité pour la commune.
  • Un maire facilitateur dont le rôle est de créer des espaces de dialogue entre l’ensemble des acteurs (enfants, parents, professionnels) pour permettre une co-construction par l’intelligence collective.
  • Un maire amplificateur qui repère et met en valeur les innovations pédagogiques qui émergent sur le terrain pour leur donner les moyens de se développer sur le territoire.

De la réforme nationale à l’engagement local

L’approche de l’ECD invite donc à changer de paradigme. En proposant une approche centrée sur l’image du maire, le mouvement déplace le curseur de la réforme nationale vers un engagement de proximité pour une école plus locale.

En ces temps d’élection municipale, la charte du « Maire allié de l’école » devient un outil de dialogue entre les candidats et les citoyens. Concrètement cette charte engage les candidats signataires aux élections municipales de soutenir activement une école ouverte et accueillante sur leur territoire. Elle repose sur l’idée que le maire n’est pas seulement un gestionnaire du bâti mais un acteur central de la réussite de tous les enfants. Elle propose de transformer la commune en un espace éducatif global où chaque individu devient un acteur impliqué dans la co-construction de la réussite des enfants et de l’école. L’enjeu n’est donc pas seulement de réparer une institution qui s’essouffle mais d’organiser la société autour d’ambition commune pour que l’école change demain. 

 

Ainsi, en incitant une réforme au plus proche du territoire et de l’engagement local, le mouvement l’École Change Demain rappelle que la transformation du système éducatif ne peut pas se faire sans ceux qui la font vivre au quotidien. Ils invitent les élus à ne plus seulement attendre une solution globale, mais à bâtir avec les citoyens et à l’échelle de son territoire une école plus juste, ouverte et coopérative.

Adélaïde Boutin-Chalony