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Et si on préférait la continuité éducative à la séparation des rôles ?

En réaction à un message qui circule sur les réseaux sociaux

· réseaux sociaux,alliance éducative

Sur les réseaux sociaux circulent des messages avec cette "adresse aux parents", qui est présentée comme une traduction d'un panneau qui serait affiché dans une école portugaise...

On comprend l'idée générale de ce message qui traduit le découragement de certains enseignants ayant le sentiment de devoir assumer seuls des responsabilités éducatives qui relèvent d'abord de la sphère familiale, au détriment de leur coeur de métier.

Mais pourquoi infantiliser ainsi les parents ? Et pourquoi séparer ainsi l'école et les familles ?

Pourquoi séparer éducation et instruction de façon si caricaturale ? Comme si l’enfant était un être coupé en deux, que les professeurs instruiraient à l'école de 8h30 à 16h30 en s’adressant uniquement à son cerveau, tandis que les parents l'éduqueraient à la maison le reste du temps…

Préférons l’idée de la continuité éducative entre les familles et l’école !  Il ne s’agit pas de mélanger les rôles les parents sont les premiers responsables de l’éducation de leurs enfants et les professeurs ne sont pas là pour les remplacer -, mais cherchons à additionner les forces plutôt qu' à les opposer !

Certes, l'école ne peut pas tout mais c'est lui faire injure que de considérer qu'elle se réduit à l'apprentissage de disciplines...

D'ailleurs, l'apprentissage des disciplines a en lui-même des vertus éducatives. Pour prendre un exemple évoqué dans ce message qui donne le sentiment que l'apprentissage de l'honnêteté relèverait de la famille, tandis que l'apprentissage de l'histoire ou des mathématique relèverait de l'école, il est à espérer que l'apprentissage de ces disciplines dans le cadre scolaire contribue à donner aux jeunes générations le goût de la vérité.

Bref, séparer instruction et éducation est une vue de l'esprit. Nous devons au contraire veiller à éduquer la personne dans toutes ses dimensions !

De même, le soutien à la parentalité doit devenir un axe majeur de nos politiques familiales !

Le temps est révolu où certains considéraient qu’il fallait faire sans les familles, voire contre les familles. Une meilleure implication des familles est un levier de la réussite à tous les niveaux (scolaire, social…). C’est aussi souvent la solution la plus « économique » pour les deniers publics.

Cependant, beaucoup de parents – de toutes conditions sociales - se sentent démunis face aux difficultés de l’éducation. La fragilité des familles est d’ailleurs l’une des causes majeures de la crise éducative. Au lieu d’être délégitimés, les parents ont besoin d’être soutenus, accompagnés, responsabilisés.

Pour faire du soutien à la parentalité un pilier à part entière de la politique familiale française, il serait nécessaire de développer une information très large sur les dispositifs proposés aux parents ; de renforcer les financements et de l’évaluation des dispositifs existants ; de mieux coordonner et développer les actions qui visent à renforcer à tous les niveaux les alliances éducatives.

Chaque famille, selon sa situation et ses besoins, devrait pouvoir bénéficier gratuitement d’un dispositif de soutien et d’accompagnement.

Parmi les dispositifs de terrain qui existent et qu’il faut déployer à grande échelle, en s'appuyant sur les réseaux d'écoute, d'appui et d'accompagnement des parents : Maisons des familles, mallettes des parents, chantiers éducation, cafés des parents, écoles des parents, conseil conjugal et familial…

Et puisque l'on parle de continuité éducative, ne nous arrêtons pas aux rôles des familles et de l’école ! Au-delà des parents, au-delà des enseignants, il est vital que la société toute entière reprenne conscience de sa responsabilité éducative : les mouvements et associations de jeunesse et d’éducation, les entreprises, le monde de la culture et des médias, les personnalités publiques et nous, simples citoyens, qui, à travers nos comportements dans la « vraie vie » comme sur les réseaux sociaux, pouvons inspirer les plus jeunes en bien ou en mal.

Devant l’ampleur de la crise éducative, l’heure doit être à la MOBILISATION GÉNÉRALE ! Chacun selon nos responsabilités propres, nous sommes tous éducateurs !

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